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Traits d'Amour

Traits d’Amour

Philosophes, Politistes, Sociologues, Anthropologues, Historien·nes .
Les lectures qui nous changent, nous font avancer, nous nourrissent.

Bienvenue dans « Traits d’amour », le format dessiné qui me permet de vous partager les auteur·ice·s qui ont marqué mon parcours universitaire et qui ne cessent de m’apporter énormément. Parce que lire des sciences sociales, ce n’est pas seulement un outil pour mener ses propres recherches, c’est aussi un formidable vecteur de transformation. En langage internet : caféréfléchir.

Il m’est régulièrement demandé qui est-ce que je conseille de lire. Pour être tout à fait honnête avec vous, « Traits d’amour » est un format entièrement subjectif. L’idée est de vous donner à voir pourquoi j’ai tant aimé lire un tel ou une telle, et non faire un compte-rendu exhaustif de leur apport au monde de la recherche.

Pour noter l’accessibilité des auteur·ices présenté·es dans « Traits d’Amour » j’ai décidé non pas d’utiliser des étoiles mais la tête de Durkheim (42h de cours juste sur lui ça attaque le cerveau), l’un des fondateur·ices de la sociologie qui a beaucoup marqué mon propre parcours, notamment avec les règles de la méthode sociologique (1895).

 Une tête de Durkheim : très difficile d’accès

Deux têtes de Durkheim : si vous avez des bases en sciences sociales vous vous en sortirez

Trois têtes de Durkheim : accessible à toutes et tous

Attention [!] cette notation n’est liée qu’à mon propre ressenti et donc reste indicative. Si vous avez envie de lire un texte que j’ai trouvé difficile, peut-être que vous vous en sortirez très bien, nous avons tout·es un partout différent et nos forces/lacunes.

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Traits d’Amour #1 • Francis Dupuis-Déri

J’ai sélectionné cette citation issue de l’ouvrage collectif « Boys don’t cry ! Les coûts de la domination masculine »[1] car il s’avère que Francis Dupuis-Déri, politiste québécois, s’exporte largement en France suite à la parution de ses ouvrages portant sur la masculinité. En 2019 il est d’ailleurs passé dans le célèbre podcast français « Les Couilles sur la Table » pour y parler de son dernier livre « La crise de la masculinité, autopsie d’un mythe tenace »[2].

Pourtant, FDD, comme il est surnommé à l’UQAM[3], est avant tout connu pour ses recherches sur la démocratie, la répression policière, et les mouvements sociaux.
Il écrit par exemple dans un article intitulé « Police partout, justice nulle part » :

« Maintenant, il ne s’agit pas tant de chercher une « victoire militaire » contre la police, toujours plus puissante que n’importe quel collectif anarchiste, mais bien une victoire politique. L’instant d’un accrochage, la défiance face au bras armé de l’État est l’expression d’une critique radicale, ainsi que l’incarnation d’une volonté d’autonomie, de liberté et d’égalité. Malgré la peur, les risques, les blessures, voilà qu’il est possible de chercher en soi et avec les autres le désir, la volonté, le courage et la joie de se mobiliser face à la police et de s’instituer comme force ingouvernable, à tout le moins le temps d’une confrontation, d’une émeute. Et de sentir, réellement, que Montréal est « une ville qui vibre ». »[4]


Pourquoi le choisir lui pour mon premier portrait dessiné ? Parce qu’au-delà du fait de rendre hommage aux chercheur·euses, il me semble important de rendre hommage aux enseignant·es.

J’ai suivi en 2014 le cours de Francis Dupuis-Déri « Théories et pratiques de l’anarchisme », dans lequel j’ai découvert la diversité des tactiques, et plein d’autres concepts qui m’ont aidé à me construire en tant que personne, en tant que chercheuse, et en tant que militante.

Les découvertes réalisées lors des lectures obligatoires sur lesquelles j’ai dû travailler dans son cours, me suivent jusqu’à aujourd’hui. Comme celle de Diane Lamoureux, sociologue québécoise avec qui FDD a largement écrit, notamment sur les questions de l’antiféminisme[5].


Accessibilité[6] des livres de FDD :

WOW trois têtes de Durkheim, les recherches de Francis Dupuis-Déri sont accessibles à toutes et tous.

Si vous avez envie de découvrir ses travaux de recherche je vous encourage avant tout à taper son nom sur YouTube, nombre de ses ressources vous sont accessibles gratuitement.

Si vous n’avez pas le courage de chercher par vous-même je vous conseille cette vidéo de 5minutes intitulée « Manifestation et perturbation » :


[1] Delphine Dulong, Erik Neveu, et Christine Guionnet (dir.), Boys don’t Cry, les coûts de la domination masculine, PUR Rennes, 2012,332 pages.

[2] Francis Dupuis-Déri, La crise de la masculinité. Autopsie d’un mythe tenace, Remue-Ménage, 2019, 320 pages.

[3] Université du Québec à Montréal, dans laquelle j’ai fait ma licence.

[4] Francis Dupuis-Déri, « Police partout, justice nulle part », sur Mouvement des idées et des luttes, 19 décembre 2017. En ligne <http://mouvements.info/police-partout-justice-nulle-part/> Consulté le 14 Janvier 2020.

[5] Diane Lamoureux et Francis Dupuis-Déri (dir.), Les antiféminismes. Analyse d’un discours réactionnaire, Montréal, Remue-Ménage, 2015, 179 pages.

[6] Rappel de la notation d’accessibilité : Une tête de Durkheim : très difficile d’accès. Deux têtes de Durkheim : si vous avez des bases en sciences sociales vous vous en sortirez. Trois têtes de Durkheim : accessible à toutes et tous.

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Consciences Sociales

« Honk »

Tout commença par un « honk »

Détournée et utilisée ici par des militant·es contre le Brexit, cette oie n’est autre que la protagoniste du jeu indépendant australien « Untitled Goose Game ».

Interpellée par les différentes pancartes sur lesquelles cette oie est représentée comme opposée au premier ministre britannique et à sa politique, un questionnement a émergé :

Comment-est ce qu’un personnage de jeu vidéo devient un symbole de lutte ?

C’est ce parallèle entre culture web et militantisme de rue qui a enfoncé la porte d’entrée me permettant de produire le premier épisode de « Consciences Sociales ».

Dire « tout commença par un « honk » », c’est avant tout dire que ce qui peut nous sembler le plus anecdotique des personnages, ici une oie, peut en réalité être porteur de sens. Si l’analyse du contenu des pancartes fait régulièrement partie intégrante des études portant sur les mobilisations sociales [1], et n’est donc pas nouvelle, l’analyse de l’évolution de ce contenu, ainsi que la porosité des frontières entre en et hors ligne restent quant à elles à questionner. 

Rendez-vous dans « Consciences Sociales », Épisode 1.

[1]  Elles sont analysées comme faisant partie du répertoire d’action des personnes mobilisées, et sont en ce sens un élément parmi d’autres dans le tout du mouvement social.  On retrouve ainsi, de manière régulière, des exemples de pancartes utilisées dans les travaux des sciences sociales, rajoutant un élément à l’analyse comme cela peut être le cas dans le travail de Marie-Laure Pouchadon concernant les mobilisations de chômeurs et chômeuses : « Certains militants défilent en déclinant leur CV sur une pancarte, tel ce chômeur qui écrit : « Jojo, 36 piges, dont 4 au chômage, Rmiste. » ». M-L Pouchadon, « Dynamiques et répertoire d’action des mobilisations de chômeur en France », dans Les mobilisations sociales à l’heure du précariat, 2011, p177.